4G pour tous, zones blanches : où en est le New Deal Mobile ?

Près de 3 ans après le lancement du New Deal Mobile, l'Arcep et les opérateurs dressent un premier bilan des actions menées pour améliorer la couverture mobile en France.

Ce n'était pas le seul, mais c'était l'engagement emblématique pris par les opérateurs dans le cadre du New Deal Mobile en janvier 2018 : apporter la 4G à tous les Français d'ici à fin 2020. Où en est-on à deux mois de l'échéance ? L'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et la Fédération française des télécoms ont toutes deux publié un point d'étape mardi 10 novembre. 

La 4G sur 96% du territoire et 98% des pylônes

Le gendarme des télécoms estime dans un communiqué que la couverture en 4G s'étend à date sur 96% de la superficie du pays. Par au moins un opérateur, s'entend. S'agissant de la proportion du territoire couverte à la fois par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, le chiffre est de 76%. Rappelons que, selon les données - théoriques - transmis par les opérateurs à l'Arcep, la couverture de la population frise, elle, les 100%. 

L'accord New Deal Mobile ne portait pas cependant sur la proportion du territoire ou de la population couverte. Il s'agissait, pour les opérateurs, d'équiper 100% de leurs sites mobiles en antennes 4G à fin 2020. Avec un délai jusqu'à fin 2022 pour certaines zones blanches, dont 75%, quand même, devaient être passées en 4G d'ici à la fin de l'année. Le bilan publié ce mardi par la Fédération française des télécoms (FFT), qui rassemble tous les opérateurs de réseaux sauf Free Mobile, fait état d'un taux d'équipement 4G de 98% au 1er novembre, et 68% pour les zones blanches. Pas loin du compte, donc, même si l'on observe que ce chiffre de 98% est légèrement plus élevé que celui déduit du dernier observatoire du déploiement de l'ANFR.

Un chantier loin d'être achevé

Les opérateurs de téléphonie mobile se disent donc être en mesure de respecter l'un des grands jalons posés par l'accord New Deal Mobile. Mais il y en a d'autres. Outre la couverture des axes de transports, qui promet d'être le grand chantier des années à venir, il y a la poursuit du dispositif de couverture ciblée. Soit plus de 2 000 zones identifiées par les collectivités comme ne disposant pas d'une couverture correcte.

Au 1er novembre avaient été édifiés 462 pylônes mutualisés entre les quatre opérateurs, informe la FFT. Sur ce chiffre, 403 relèvent d'un premier arrêté pris en juin 2018, dans lequel figuraient au total 445 sites à mettre en service avant le 9 octobre 2020. 38 manquent donc à l'appel. Les cause de ces retards "sont en cours d'analyse", indique l'Arcep, chargée de sanctionner les éventuels manquements aux engagements du New Deal.

Cette campagne de couverture ciblée se poursuivra jusqu'en 2027, à raison de 800 nouveaux sites à identifier en 2021 et 2022, puis 600 les années suivantes. Le gendarme des télécoms annonce en outre la "mise en place d'un suivi avec les opérateurs pour s’assurer que la nouvelle période de confinement ne ralentisse pas les déploiements". Histoire d'éviter les tensions issues de l'épisode du printemps, dont l'impact sur la première échéance de la couverture ciblée, initialement fin juin 2020, avait été fort discuté.

La 4G fixe à mi-chemin

Enfin, le régulateur fait état d'un total de 500 sites identifiés pour apporter une couverture haut-débit, voire très haut-débit, aux Français privés d'une connexion correcte en ADSL (moins de 8 Mb/s). Soit la moitié des 1 000 sites qu'Orange et SFR s'étaient engagés à construire à cette fin dans le cadre de l'accord New Deal Mobile. Une nouvelle fournée de 102 sites vient de faire l'objet d'un arrêté, venant s'ajouter aux 408 retenus fin 2019.

Le processus d'identification des zones à desservir semble pour le moins complexe. Non seulement parce qu'elles doivent s'articuler au mieux avec les projets d'aménagement numérique des collectivités concernées. Mais aussi pour éviter des redondances. Dans un avis sur le second arrêté publié il y a quelques jours au JO, l'Arcep note ainsi "qu'une partie très significative, largement supérieure à 50 % des locaux des zones identifiées dans le projet d'arrêté seraient d'ores et déjà éligibles à une offre « 4G fixe » de l'un des opérateurs mobiles". L'Autorité suggère ainsi de mettre l'accent sur la complémentarité de ces déploiements afin de "maximiser le nombre de locaux rendus éligibles à une offre à « bon débit »". Au lieu de voir les opérateurs aller en concurrencer d'autres sur des zones déjà couvertes en 4G fixe.

 

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