Enchères 5G : dernière ligne droite pour l'attribution des fréquences

La véritable bataille des fréquences 5G commence pour Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Enjeu : 110 MHz à partager dans la bande des 3,5 GHz.

Cette fois-ci, c'est la bonne. La phase finale de l'attribution des fréquences 5G par l'Arcep commencera (enfin) mardi 29 septembre. Avec plusieurs mois de retard sur la date initialement envisagée par l'Autorité des télécoms, lié aux difficultés de calage de la procédure puis à la crise sanitaire.  Les opérateurs de téléphonie mobile vont donc enfin pouvoir arrondir leur pécule de fréquences dans la bande des 3,5 GHz afin de mettre en service leur réseau 5G... sans que l'on sache vraiment quand.

Deux tiers des fréquences déjà attribuées

Au total, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free avaient 310 MHz à partager. Mais les deux tiers de cette allocation n'ont pas fait l'objet d'enchères. Chaque opérateur a en effet pu acquérir un bloc de 50 MHz à prix fixe - 350 millions d'euros - lors de la première phase de l'attribution des fréquences 5G au printemps dernier. Ce en contrepartie d'un certain nombre d'obligations : déploiement, couverture, concurrence, service aux entreprises... Mais cette première sélection était également la condition sine qua non pour participer à l'enchère principale, dont le coup d'envoi sera donné demain. 

Cette première phase avait pour objectif de permettre à tous les opérateurs de disposer d'une quantité minimale de fréquences. Histoire d'éviter une flambée des prix qui laisserait tous les candidats exsangues alors que d'importants investissements devront être consentis pour déployer la 5G. Mais aussi de ne pas favoriser outre-mesure les acteurs disposant d'une meilleure assise financière.

Un tiers à se partager

Ceux-là pourront pousser leur avantage à l'occasion de l'enchère principale. Les opérateurs s'y disputeront le tiers des fréquences 5G restant à allouer. Soit 110 MHz ventilés en 11 blocs de 10 MHz, mis à prix 70 millions d'euros chacun. Le quatuor devrait livrer bataille pendant quelques jours, selon un mécanisme là encore taillé pour éviter des envolées astronomiques, que décortique Les Echos. A l'issue de ce round, la quantité maximale de fréquences détenue par un opérateur donné ne pourra pas excéder 100 MHz, en comptant les 50 MHz du premier bloc à prix fixe.

Fonctionnement des enchères 5G

Source : Arcep

Lorsque cette distribution aura été effectuée, ça n'en sera pas fini pour autant. Lors des 3 semaines suivantes, une deuxième phase d'enchères portera cette fois-ci sur le positionnement des blocs obtenus dans les 310 MHz de spectre attribués. Une fois le résultat définitif acté par l'Autorité des télécoms, cette dernière n'aura plus qu'à délivrer les autorisations d'utilisation de fréquences. Processus qui doit durer trois semaines, selon le calendrier établi par la gendarme des télécoms.

Minimum 2,17 milliards

Les opérateurs se verraient donc officiellement délivrer leur blanc-seing pour exploiter la bande des 3,5 GHz vers la fin novembre. Ils auront alors dépensé à eux quatre au minimum 2,17 milliards d'euros, prix au-dessous duquel le gouvernement n'entendait pas céder ce morceau du patrimoine fréquentiel de l'Etat. Cette question du coût des fréquences 5G n'est d'ailleurs pas étrangère au retard pris par l'attribution des fréquences, avant même l'irruption du Covid-19. Elle avait aussi suscité l'ire des opérateurs, lesquels avaient finalement obtenu de l'exécutif un étalement du paiement des fréquences.


A quand les forfaits 5G ?

Cette problématique financière avait été invoquée - entre autres - par Martin Bouygues quand celui-ci avait plaidé pour un report des enchères 5G. Imité quelques temps après, du reste, par Altice-SFR. Quand d'autres, comme Iliad, piaffaient d'impatience - la maison-mère de Free a depuis indiqué qu'elle comptait lancer ses futurs forfaits 5G fin 2020 ou début 2021. Parmi les empressés, on trouve aussi Orange, qui laisse régulièrement entendre son intention de lancer ses nouvelles offres 5G très rapidement.

Initialement, la question ne se posait pas, puisque les obligations des opérateurs prévoyaient le déploiement du réseau mobile de 5e génération dans au mois deux grandes villes avant fin 2020. Impératif finalement levé par l'Arcep au vu des retards engendrés par la crise sanitaire. Chaque opérateur aura donc le choix d'allumer son réseau 5G quand il le souhaite. Et, en théorie, où il le souhaite, mais ça c'est un autre débat.

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