Exclusif : 2/3 des abonnés prêts à changer d'opérateur en cas de suppression de TF1

Exclusif. DegroupNews a pu avoir accès aux coulisses des négociations entre TF1 et les quatre opérateurs français pour la reprise de son bouquet dont l'échéance arrive à son terme à la fin décembre. Si les discussions bloquent toujours sur le montant à verser par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, ces derniers ne devront pas trop tarder au risque d'une fuite des clients. En effet, selon une étude, près de 2/3 des abonnés seraient disposés à changer de fournisseur d'accès à Internet si TF1 n'était plus diffusée. Explications.

Nous vous en parlions le 9 août dernier, TF1 souhaite augmenter ses revenus liés à la distribution de ses cinq chaînes (TF1, TMC, NT1, HD1 et LCI) auprès des opérateurs fixe. Actuellement rémunéré 10 millions d'euros par an, la première chaîne française et européenne espère porter ce montant à 100 millions d'euros par an.

Exclusif : 2/3 des abonnés prêts à changer d'opérateur en cas de suppression de TF1

TF1 Premium, c'est tout ou rien

Pour convaincre Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, TF1 a concocté une nouvelle offre baptisée TF1 Premium. Elle inclut des services dont sont friands les abonnés ainsi que des nouveautés facilitant et améliorant l'expérience télévisuelle :

  • la diffusion de la chaîne
  • le service de rattrapage
  • l'Ultra HD
  • la possibilité de revenir au début du programme après son démarrage (start over)
  • la capacité d'enregistrer les programmes dans le cloud (network PVR)

84% des Français utilisent le replay

Aujourd'hui, les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) peuvent reprendre le flux de TF1 gratuitement et ne pas souscrire au service de replay du groupe, MYTF1. Pour autant aucun opérateur ne fait l'impasse sur ce service tant la télévision à la demande est entrée dans les mœurs. 84% des Français déclarent l'avoir utilisée au moins une fois et/ou l'utilisent régulièrement.

Avec TF1 Premium, ce sera tout ou rien. Si les FAI ne souhaitent pas payer, ils ne pourront également plus diffuser la chaîne gratuitement à leurs abonnés.

Diversifier et augmenter les sources de revenus

Ce type de contrat, appelé carriage fees, est monnaie courante à l'étranger. La chaîne RTL en Allemagne obtient ainsi un revenu annuel de 248 millions d'euros de la part des opérateurs, 188 millions de livres ITV au Royaume-Uni ou encore 20% du chiffre d'affaires moyen des networks américains.

TF1 souhaite donc importer ce modèle en France afin de développer et varier ses ressources, à l'heure où le marché publicitaire est toujours atone et a des difficultés à retrouver son niveau d'avant la crise de 2008.

M6 dans le sillage

Dans cette volonté d'imposer cette nouvelle relation, la chaîne de Martin Bouygues n'est pas seule, M6, dont les contrats de distribution se terminent en décembre 2017, souhaite également revoir à la hausse ce type de revenus. Pour eux, il ne s'agit simplement que « d’une question de répartition de la valeur ajoutée ».

Exclusif : 2/3 des abonnés prêts à changer d'opérateur en cas de suppression de TF1

Les opérateurs sur la défensive

La réaction des opérateurs ne s'est pas fait attendre puisque s'ils sont disposés à reprendre les nouveaux services, ils ne souhaitent pas dépenser plus. « TF1 touche l'intégralité des recettes des publicités insérées dans le replay, et ne participe aucunement au coût de diffusion de sa chaîne sur les réseaux: achat de bande passante, etc. » indiquait ainsi un cadre d'un FAI à nos confrères de BFM Business.

Les opérateurs craignent surtout l'effet boule de neige que pourraient engendrer ce nouveau rapport de force. S'ils signent avec TF1, ils devront également le faire à grands frais avec les autres groupes de télévisions comme M6, Canal+, FranceTélévisions ou encore SFRRadioTV.

2/3 des abonnés changeront de FAI si TF1 n'est plus diffusée

Mais tous les groupes n'ont pas le poids de TF1 dans le paysage audiovisuel français (PAF). Pour affuter ses arguments, TF1 a commandé des études que DegroupNews a pu consulter en exclusivité grâce à des sources proches des négociations.

Les résultats sont éloquents et démontrent l'attachement des Français et des abonnés des quatre FAI pour la première chaîne. Près des 2/3 de leurs abonnés envisagent de changer de fournisseur Internet en cas de suppression de TF1 et de ses chaînes dans leur bouquet TV.

Ces résultats sont homogènes quel que soit l'opérateur, l'hémorragie toucherait donc de la même manière Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free.

70% des abonnés seraient moins satisfaits de leur offre

Et s'ils ne quittent pas leur FAI, 70% d'entre-eux seraient moins satisfaits de leur offre Internet. De même, TF1 est la chaîne que les abonnés souhaiteraient conserver en priorité s'il devait n'en rester qu'une, largement devant ses concurrentes.

Enfin, la première chaîne a demandé aux abonnés des différents opérateurs à combien ils estimaient la valeur de l'offre de télévision dans leur forfait Internet ainsi que le bouquet TF1 avec ses quatre autres chaînes. Selon eux, le bouquet TF1 représente un quart de la valeur de l'offre de télévision (environ 3€/mois/abonné).

L'exemple de l'étranger

Si, ces études sont du déclaratif et ne disent pas si les abonnés sauteront réellement le pas, il ne faut cependant pas oublier les exemples à l'étranger. Ainsi, aux États-Unis, un cablo-opérateur a refusé de payer pour diffuser une chaîne et a vu la fuite de centaines de milliers d'abonnés vers la concurrence avant finalement de revenir à la table des négociations.

TF1 se trouve donc en position de force face à Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free.

Les négociations au point mort

Toujours selon nos informations, les négociations sont extrêmement tendues entre la chaîne et les opérateurs. Aucun montant ne satisfait les parties et TF1 a la volonté d'aller jusqu'au bout du processus pour obtenir le plus possible, quitte à ce que les abonnés soient privés de ses chaînes au 1er janvier.

TF1 a un poids unique dans le PAF et compte bien en profiter

Le premier opérateur qui cédera gagnera un avantage commercial certain, surtout s'il n'est pas suivi par ses concurrents. D'un autre côté, il aura ouvert la boîte de Pandore, instaurant de nouvelles relations entre les groupes de télévision et les distributeurs.

Il ne reste que quelques semaines avant le 31 décembre pour que les négociations aboutissent ou que l'écran noir apparaissent chez les abonnés.

Inscrivez-vous à notre newsletter

Vous acceptez de recevoir notre lettre d'information par courrier électronique et vous prenez connaissance de notre politique de confidentialité.

Boostez votre connexion internet

Avez-vous accès à la fibre ?

Vérifiez dès maintenant quels sont les opérateurs disponibles chez vous.

Je teste mon éligibilité