Laure de la Raudière nommée présidente de l'Arcep, dans un fauteuil

Après les députés la semaine dernière, les sénateurs ont à leur tour largement validé la nomination de la députée d'Eure-et-Loir à la tête de l'Autorité de régulation des télécoms.

Ce ne devait être qu'une formalité, ce fut presque un plébiscite. La Commission des affaires économiques du Sénat a émis hier un amis favorable à la nomination de Laure de la Raudière à la présidence de l'Arcep. Proposée par l'Elysée, l'intéressée avait déjà recueilli une large majorité de suffrages la semaine précédente à l'Assemblée. La député d'Eure-et-Loir se voit donc officiellement nommée à la tête de l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse pour un mandat de 6 ans. 

(Presque) sans contestation

D'abord à l'Assemblée, il y a une semaine, puis au Sénat hier, peu de voix se sont élevées au sein de la représentation nationale pour remettre en question le choix présidentiel. Laure de la Raudière en régulatrice en chef des télécoms : l'idée n'a souffert quasiment aucune contestation, étant donné son expérience dans le secteur et surtout son travail parlementaire de longue haleine, sur l'aménagement numérique notamment.

D'aucuns, comme François Ruffin (LFI) à l'Assemblée la semaine dernière, ont certes regretté que l'impétrante soit proche du secteur des télécoms, ce qui la conduirait à envisager sans recul les enjeux collatéraux du numériques. La nouvelle présidente de l'Autorité se défend de son côté de porter de telles œillères, et annonce déjà qu'elle entend prendre très au sérieux les questionnements connexes au numérique. À commencer par son impact environnemental, dont elle entend faire rien moins qu'un "4e pilier de la régulation", explique-t-elle au Figaro. Tout en rappelant au, passage, devant les sénateurs, que l'Arcep "n'est pas là pour faire des choix de société", mais "s"inscrit dans les choix de société" que font les parlementaires.

Pas favorable à Orange

Il était de toutes façons difficilement envisageable de mettre à la tête de l'Arcep une personnalité sans compétence dans le secteur, réagit d'une seule voix l'écosystème des télécoms. Un petit monde qui se réjouit de l'arrivée de Laure de la Raudière car il connaît non seulement son expertise, mais aussi ses positions.

Persistances de zones blanches mobile et fiabilisation des cartes de couverture, dégradation du réseau cuivre, ouverture du marché entreprises avec des offres de gros adaptées... Sur l'ensemble de ces dossiers, et bien qu'on ait beaucoup glosé sur le sujet en raison de son passé chez France Télécom, les lignes défendues par la députée ces dernières années ne sont pas vraiment, a priori, favorables aux acteurs dominants du secteur, Orange en tête. En tout cas en tant qu'élue, puisque, comme elle l'a rappelée à plusieurs reprises, la présidente de l'autorité administrative indépendante qu'elle est désormais se bornera à mettre en musique la partition composée par l'exécutif et le législatif. On peut en tout cas difficilement soupçonner Laure de la Raudière de complaisance avec les grands acteurs du secteur, comme le suggèrent aussi ses propos sur les quelques sujets qu'elle entend traiter en priorité.

Premiers dossiers

S'agissant de la qualité du réseau cuivre, par exemple, jugée "préoccupante" par la nouvelle présidente de l'Arcep, cette dernière n'entend pas ménager son possesseur, Orange. Quitte à trouver un dispositif "innovant" durant la vacance du service universel, actuellement entre deux cahier des charges. Pas plus qu'elle n'entend lâcher la bride aux opérateurs mobiles sur leur respect des engagements New Deal. Mieux : Laure de la Raudière souhaite que l'Arcep commence à travailler "très précisément, dès 2021", sur ce que sera la couverture après le New Deal. Ce qui suppose, aussi, d'obtenir des opérateurs qu'ils en disent plus sur leurs propres projets de déploiement, jalousement gardés... Enfin, sur la question des problèmes de raccordements en fibre, par exemple, Laure de la Raudière se dit prête à renverser la table et à mettre fin au mode STOC. "Si ça ne marche pas, il faut changer", a-t-elle tranché, au sujet de ce dispositif de raccordement dénoncé de longue date par les élus, mais toujours défendu becs et ongles par les opérateurs en général... et Orange en particulier.

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